Petits crimes conjugaux

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Petits crimes conjugaux 2Venue de la principauté d'Orange, la compagnie du Théâtre du rêve éveillé nous présente Petits crimes conjugaux.  

 

Petits crimes conjugaux est une pièce de théâtre , de Éric-Emmanuel Schmitt,  et un livre publié aux des éditions Albin Michel, parus tout deux en 2003.  

La mise en scène est signée Anne-Marie Pons.

 

La pièce

 

Entre mensonges et vérités, Lisa et Gilles se rencontrent pour la seconde fois. Elle le ramène chez eux, après un séjour à l'hôpital. Il ne la reconnaît plus, il ne sait plus qui il est. Auteur de romans policiers, Gilles Sobiri mène l'enquête pour se reconstruire. Lisa, sa femme, l'assiste, non sans être tentée d'arranger les choses à sa façon.
Deux personnalités fortes s'affrontent dans un huis clos qui oscille entre enfer et paradis : le duel est serré. L'amour a des chances de triompher, mais la haine n'est pas loin.
Détendus, puis tendus, puis épanouis, puis crispés, une  femme et un homme se retrouvent Petits crimes conjugaux 1après quinze jours de séparation, après quinze ans de vie  commune.    Ils affrontent  leur vérité de femme, d'homme,  de couple. L'enjeu est primordial : l'avenir  seul ou à deux ? 
Présentation faite par
Anne-Marie Pons

L'auteur
 

En quelques années, Éric-Emmanuel Schmitt est devenu un des auteurs francophones les plus lus et les plus représentés dans le monde. 

Né en 1960, normalien, agrégé de philosophie, docteur, il s’est d’abord fait connaître au théâtre avec Le Visiteur, cette rencontre hypothétique entre Freud et peut-être Dieu, devenu un classique du répertoire international. Rapidement, d’autres succès ont suivi : Variations énigmatiques, Le Libertin, Hôtel des deux mondes, Petits  crimes conjugaux, Mes Évangiles, La tectonique des sentiments… Plébiscitées tant par le public que par la critique, ses pièces ont été récompensées par plusieurs Molière et le Grand Prix du théâtre de l’Académie française. Ses livres sont traduits en 43 langues et plus de 50 pays jouent régulièrement ses pièces.

schmittIl écrit  le Cycle de l’Invisible, cinq récits sur l’enfance et la spiritualité, qui rencontrent un immense succès aussi bien sur scène qu’en librairie : Milarepa, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Oscar et la dame rose, L’enfant de Noé et Le sumo qui ne pouvait pas grossir. Une carrière de romancier, initiée par La Secte des  égoïstes, absorbe une grande partie de son énergie depuisL’Évangile s elon Pilate, livre lumineux dont La part de l’autre se veut  le côté sombre.  Depuis, on lui doit Lorsque j’étais une œuvre d’art, une  variation fantaisiste et contemporaine sur le mythe de Faust et une autofiction, Ma vie avec Moz art, une correspondance intime et originale avec le compositeur de Vienne. S'ensuivent deux re cueils de nouvelles : Odette Toulemonde   et autres histoires, 8 destins de femmes à la recherche du bonheur,  inspiré par son premier film, et La rêveuse d'Ostende, un bel hommage au pouvoir de l'imagination. Dans Ulysse from Bagdad, son dernier roman, il livre une épopée picaresque de notre temps et interroge la condition humaine. Son troisième recueil de nouvelles Concerto à la mémoire d'un ange, nous présente des héros à qui, un jour, la rédemption est offerte. En 2010 ce roman se voit décerner le prestigieux prix Goncourt de la nouvelle.

Encouragé par le succès international remporté par son premier film Odette Toulemonde, il adapte et réalise Oscar et la dame rose (2009). 

Amoureux de musique, Éric-Emmanuel Schmitt a également signé la traduction française de les Noces de Figaro et de Don Giovanni. Toujours curieux, il ouvre en permanence de nouvelles portes, tend de nouveaux miroirs, pour notre plus grand plaisir.

Il vit à Bruxelles et toutes ses œuvres en français sont éditées par Albin Michel.

 

 

La presse en parle 


Le Canard enchaîné :

 

Le sujet ? L'amour. Le couple. Ce qui se passe entre un monsieur et une dame, si intelligents soient-ils, si bien disposés soient-ils l'un envers l'autre et si peu tordus, au bout de quinze ans de vie commune. Le diagnostic est sombre : c'est l'enfer. Schmitt n'y va pas avec le dos de la longue cuillère qu'empoigne Satan pour touiller la sauce des damnés. A l'origine, la copulation relève d'une "association d'assassins". D'emblée, les partenaires sont "unis par la violence qui les jette l'un sur l'autre". Par la suite, leur prestation ne s'améliore pas : ils fondent une famille. "La famille, voilà  le sommet de leur esbroufe ! Petits crimes...Parce qu'ils ont fait passer leurs étreintes brutales et jouissives pour un service rendu à  l'espèce humaine ? Ils vont pouvoir distribuer taloches, punitions et coups de pied au nom de l'éducation, imposer leur nuisance, leur bêtise et leur bruit." Le plus ignoble arrive avec la vieillesse : "tout est permis dans ce combat, les tics, les maladies, la surdité, l'indifférence, le gâtisme. Le gagnant, c'est celui qui pleurera l'autre." De succulentes répliques. Pas question de raconter l'intrigue, sous peine de déflorer l'affaire, la grande affaire qu'est la vie à  deux. Tout le monde a eu raison de représenter cette pièce, qui devrait une fois de plus faire salle comble parce que Charlotte Rampling a diablement du charme, vénéneux et sauvage à  la fois. Et que Bernard Giraudeau possède la maîtrise enjouée de ceux qui ont bourlingué et ne sont pas blasés.  

 

Bernard Thomas

La Nation (Suisse - Vaud) :

 

Tout au long de son oeuvre théâtrale, Eric-Emmanuel Schmitt n'a cessé de réfléchir "dramatiquement" au thème de l'amour sous toutes ses formes : charnel ou platonique, romanesque ou quotidien, libertin ou fidèle, eros, philia ou agape, et sur la difficulté - voire l'impossibilité - de les résumer toutes, durablement, en une seule personne. Il s'est ainsi interrogé sur la question de savoir qui on aime vraiment quand on aime : une projection de notre propre esprit, un être idéalisé par l'imagination ou un être réel doté d'une personnalité propre irréductible à  nos fantasmes. Avec Petits crimes conjugaux, il s'attaque à  ce qu'il n'avait pas encore osé abordé aussi directement : l'amour conjugal après quinze ans de vie commune, l'amour longue durée où les rêves finissent immanquablement par se heurter à  la réalité. Il signe une oeuvre de maturité. Avec ce mélange d'humour et de gravité qui a fait son succès, Schmitt, au travers de ses personnages, tente un regard à  la fois froidement lucide et en même temps résolument optimiste sur la plus désespérée des causes selon toutes les statistiques de divorce. Il fallait du courage pour faire d'un couple en crise le sujet d'une pièce populaire. La conjugalité n'est pas un thème très porteur dans ce registre de théâtre, sauf dans le vaudeville avec le genre du ménage à  trois ou dans le type policier où l'on est certain qu'il y aura crime. Mais Schmitt, faisant confiance à  son public, a toujours essayé d'élever le genre populaire au-dessus de lui-même. Il reprend donc les thèmes de ce théâtre en les subvertissant. Il y aura bien crime, enquête et ménage à  trois dans cette pièce. Mais c'est un ménage à  trois d'un type particulier puisque le mari, à  la suite d'une chute, a perdu la mémoire. Ils sont bien trois : celui que le mari était avant l'amnésie et qui est devenu pour lui un inconnu, celui qu'il est depuis cette perte de mémoire, et la femme de ces deux hommes. Avec l'aide de cette femme qu'il ne reconnaît plus (ou contre elle), il entame une enquête pour retrouver la mémoire, au cours de laquelle il suivra toutes les pistes possibles pour découvrir la vérité sur lui-même, sur sa femme et le coupe qu'ils formaient, et sur ce qui s'est réellement passé la nuit de son accident. L'amnésie est une chance, si on en a conscience. Rien de tel pour se mettre à  distance de soi-même et se juger impartialement, pour voir avec des yeux neufs ce que la routine vous empêchait de voir. L'enquête identitaire sera symboliquement doublée d'une enquête policière. Puisque selon Gilles la vie conjugale est " une association de tueurs ", dans ce couple lequel des deux est l'assassin de l'autre ? Débute alors un jeu de cache-cache, de chat et de souris, de fausses pistes où chacun tente de dissimuler quelque chose à  l'autre. La vérité n'est ni facile à  dire, ni agréable à  entendre, et sera accouchée dans la douleur, par la ruse et le mensonge. La crise sera fatale ou salvatrice. Nous assistons à  un huit-clos entre un mari et sa femme, un duel verbal entre deux époux où alterneront scènes de réalisme brutal et scènes de tendresse, scènes d'inquisition et d'aveux dans un crescendo soutenu.

Petits crimes conjugaux 2

Nous nous immisçons dans l'intimité d'un couple moderne, un couple d'artistes parisiens, un couple sans enfant, un couple libéral qui professe (en théorie et en public) tolérance à  l'égard des frasques de l'autre : un couple pas franchement universel mais emblématique de l'air du temps.

 

Comme à  son habitude, Schmitt en profitera pour régler leur compte à  quelques idées en vogue, "toutes ces conneries qu'on dit lors des dîners en ville pour avoir l'air malin en se passant les plats". Le couple est en crise et fait l'objet de nombreuses études sociologiques. Mais pour comprendre un certain type de couple de l'intérieur, laissez tomber les enquêtes sociologiques et lisez Petits crimes conjugaux. Vous en apprendrez plus et de façon moins ennuyeuse.

 

Laurence Benoit

 

Sources : Spectacle.fr,

site officiel de Éric-Emmanuel Schmitt,

Cyberpresse.ca, éditions Albin Michel.

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