VAGUES SOUVENIRS DE L'ANNEE DE LA PESTE

Publié le par festivallesdionysies.over-blog.fr

de Jean-Luc Lagarce

compagnie LES RÂPES À FROMAGE de Puyricard

 

Début du XXème siècle, ou hors du temps ? Plusieurs personnes issues de classes sociales très différentes se retrouvent dans un campement improvisé au milieu d’affaires abandonnées sur la route, lors de la fuite des Londoniens. La Peste fait rage en Angleterre. A travers les dires de chacun, les pièces du puzzle vont s’assembler pour nous révéler une sorte de famille déjantée et exhiber la singularité de chacun.

      photo-1-copie-1.JPG

 

 

Les comédiens: 

L'homme: Marie-France Bedoyan

M. Forster: Quentin Delplanque

Mme Forster: Emmanuelle Schelfiaut

Robinson Kreutznaer: Gilles Melchior

La fillette: Mermoz Melchior

La nourrice: Bernadette Delplanque

Molly: Cléo Sagit

Mise en scène: Stéphane Laffaille

 

 

 


 

Le traitement des personnages :


Vagues-souvenirs-copie-1.jpgM. et Mme Forster : Ce jeune couple aristocratique est interprété  par un jeune homme de vingt ans et une jeune femme de dix-sept ans. Ils sont à cheval sur l’étiquette mais ont néanmoins un goût pour l’extravagance à leurs heures perdues. Nous avons travaillé ces personnages avec  plusieurs accents, des sourires crispés et un contentement tout particulier pour cette promenade à la campagne que leur a permis la maladie.

 

L’homme : Joué par une femme d’un certain âge, qui va mener tout ce petit monde à la baguette. Puisque finalement ce n’est que son souvenir qui se déroule sous nos yeux. Figure d’autorité elle n’en est pas moins souriante et énergique avec une pointe de coquetterie.

 

Robinson Kreutznaer : Incarné par un homme d’une cinquantaine d’années, ce marin aventurier a vu du monde et est complètement autonome. Molly se mettra sous sa protection et, ils auront ensemble accès à quelques plaisirs charnels durant cette période de trouble, à la vue et au su de tous.

 

 Molly : C’est une femme qui suscitera le plaisir des hommes, à la traîne et imbibée d’alcool. Elle a un phonographe qui sera son seul lien à sa vie passée, et elle mettra des disques qui entraîneront l’assemblée vers un ailleurs avant de les ramener à la brusque réalité. Interprétée par une femme d’une vingtaine d’années.

 

La Fillette : Jouée par un jeune garçon d’une quinzaine d’années, il est habillé en fille par la nourrice. Loin d’être efféminé, il ira dans les espaces de chacun,  et se comportera comme un garçon abrupt et mal éduqué. Toujours rappelé à l’ordre par la nourrice qui s’occupe de lui.

 

La Nourrice : Interprétée par une femme d’une cinquantaine d’années, ce personnage a subi un traumatisme en perdant sa fille. Elle s’est rabattue sur un jeune homme croisé sur le chemin qu’elle a recueilli comme étant sa fille, l’un ayant besoin de l’autre, ils se sont acceptés comme ils sont.

 

La troupe :

     La troupe s’est montée en septembre 2012. Certains comédiens sont néophytes en matière de théâtre tandis que d’autres ont déjà joué plusieurs pièces.

Nous nous sommes retrouvé dans l’alambic du comédien et metteur en scène Stéphane Laffaille, qui, par son alchimie toute particulière a sût tirer le meilleur de chacun pour un résultat explosif ! Il nous a encadrés dans l’optique d’un atelier complet et désire, aux vues des motivations de chacun, jouer cette pièce le plus possible.

 

La mise en scène :

    VSAP-03.jpg Lieu unique situé sur le bord d’une route parmi des affaires abandonnées lors de l’exode des Londoniens fuyant la peste. Les personnages une fois arrivés sur scène ne sortent plus et s’improvisent un petit campement avec les provisions de chacun. Tout est très calé, du tac au tac, et il suffit d’un mot, d’un geste pour tout remettre en question et changer complètement les espaces de chacun.

     Cette pièce est traitée de façon comique et burlesque. Du rituel anglais pour le thé à la chorale se voulant de qualité, les changements d’accents, les ralentis, la méfiance des uns envers les autres, la condescendance et la débauche sont de la partie ! Cela n’occultant en rien la profondeur et les enjeux personnels, elle met en avant l’aspect humain et maladroit face à une situation plus que précaire.VSAP-02.jpg

     Alors les souvenirs se réactivent devant des objets liés aux personnages. Une bille, un vieux phonographe, de vieilles valises emplies « d’objets auxquels on tient » et sur lesquels on peut alors imprimer un imaginaire collectif.

   VSAP-05.jpg 

La mise en scène est comme une chorégraphie et permet de faire passer intégralement le texte, et lui trouver une nouvelle cohérence là où on ne l’attendrait pas du tout lors d’une première lecture. Les images ne sont qu’un leurre, ce sont les non-dits qui font avancer l’intrigue, jusqu’à la fin, qui se termine en queue de poisson, en marquant l’intemporalité de l’histoire et des êtres, dans un anneau de Moebius feignant le renouveau. 

 

L'AUTEUR    

lagarce

 

 

Jean-Luc Lagarce (1957-1995) est actuellement l’auteur contemporain le plus joué en France. Metteur en scène de textes classiques aussi bien que de ses propres pièces, c’est en tant que tel qu’il accède à la reconnaissance de son vivant. Depuis sa disparition, son œuvre littéraire (vingt-cinq pièces de théâtre, trois récits, un livret d’opéra…) connaît un succès public et critique grandissant ; elle est traduite en vingt-cinq langues.

Parcours de Jean-Luc Lagarce

Quand Jean-Luc Lagarce est mort (du sida) le 30 septembre 1995, c’était un metteur en scène connu mais un auteur encore méconnu. Certes, plusieurs de ses pièces avaient été jouées avec succès mais d’autres étaient restées dans le tiroir ou incomprises. Sa notoriété n’a cessé de croître depuis sa disparition et aujourd’hui Jean-Luc Lagarce est considéré comme un auteur classique contemporain, à l’instar d’un Bernard-Marie Koltès (mort du sida peu avant Lagarce) dont la notoriété a été plus précoce grâce à l’aura de Patrice Chéreau, qui montait ses pièces. Lagarce, lui, montait les siennes.

Si Lagarce n’a pas été reconnu de son vivant comme un auteur important, c’est peut-être que le langage théâtral de ses pièces était trop en décalage, trop novateur. Aujourd’hui, c’est l’un des auteurs coqueluches des cours d’art dramatique, un auteur chéri des troupes amateurs et de plus en plus prisé par les meilleurs metteurs en scène, toutes générations confondues. Il est traduit dans une quinzaine de langues. Les colloques, les études universitaires et les publications se multiplient. En 2008, l’une de ses pièces sera créée salle Richelieu, la grande scène de la Comédie-Française.

(Pour en savoir plus: http://www.lagarce.net/auteur/)

Commenter cet article